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Chirurgie bariatrique

Chirurgie bariatrique : quand se faire opérer ? avec quelle technique ? quel suivi ?

La chirurgie bariatrique est généralement envisagée en seconde intention pour prétendre à une perte de poids d’un patient qui souffre d’obésité. Il existe différentes sortes d’opérations qui demandent un long processus de réflexion, des examens approfondis et même un suivi médical à vie.

Chirurgie bariatrique : Qu’est-ce que c’est ?

La chirurgie bariatrique, appelée aussi chirurgie de l’obésité, est destinée à modifier l’anatomie du système digestif d’un patient pour l’aider à perdre du poids de façon durable. Elle permet de réduire la quantité d’aliments consommée ou l’assimilation d’aliments par l’organisme. Ainsi, la qualité de vie du patient est améliorée, et la santé est préservée sur le long terme pour mieux contrôler l’évolution de potentielles maladies associées.

Les opérations sont lourdes et ont un impact positif, mais peuvent exposer à des séquelles graves et irréversibles. Il est donc possible de les envisager en deuxième intention, après l’échec d’une prise en charge médicale, diététique, psychologique d’une durée de six à douze mois.

Chirurgie bariatrique : Pour qui ?

L’éligibilité à la chirurgie bariatrique s’appuient sur les recommandations émises par la Haute Autorité de santé en 2009 et en 2016. Pour envisager une opération bariatrique, le ou le patient doit :

  • Être âgé de 18 à 60 ans ;
  • Avoir bénéficié d’une prise en charge pluridisciplinaire pendant six à douze mois pour perdre du poids ou le stabiliser ;
  • Présenter un IMC (indice de masse corporelle) supérieur ou égal à 40 kg/m² ; ou un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m², associé à au moins à une comorbidité qui peut être améliorée par la chirurgie. Le tour de taille n’est pas un critère d’éligibilité à la chirurgie bariatrique.

Chirurgie bariatrique : Contre-indications

Une seule des contre-indications ci-dessous est un avis défavorable à l’intervention :

  • Une contre-indication à l’anesthésie générale ;
  • Une maladie mettant en jeu le pronostic vital à court et moyen terme (par exemple découverte d’un cancer lors du bilan) ;
  • Des troubles psychiques, cognitifs ou mentaux sévères ;
  • Des troubles du comportement alimentaire non stabilisés ;
  • Une incapacité prévisible à participer à un suivi médical prolongé ;
  • L’absence de prise en charge médicale, nutritionnelle, diététique et psychothérapeutique bien suivie pendant six à douze mois ;
  • Une grossesse ou l’allaitement
  • Une dépendance à l’alcool
  • Une dépendance au tabac
  • Un indice de masse corporelle inférieur à 35 kg/m2, en cas de première intervention.
  • Un indice de masse corporelle inférieur à 40 kg/m2 sans comorbidité susceptible d’être améliorée avec la chirurgie, en cas de première intervention.

Les différentes techniques de chirurgie bariatrique

type-chirurgie-bariatrique

3 types d’opération de chirurgie bariatrique sont aujourd’hui autorisés et elles sont cassées en deux catégories :

  • Les interventions restrictives pour diminuer le volume de l’estomac et qui sont l’anneau gastrique ajustable et la sleeve gastrectomie,
  • Les interventions mixtes dites “restrictives” et “malabsorptives” pour réduire la taille de l’estomac et diminuer l’assimilation des aliments grâce à une dérivation du tube digestif

Ces interventions sont majoritairement pratiquées sous anesthésie générale, par cœlioscopie.

La sleeve gastrectomie

La sleeve gastrectomie est l’opération la plus pratiquée dans le monde. Elle va réduire d’environ deux tiers la taille de l’estomac, surtout la partie qui contient les cellules sécrétant la ghréline qui est une hormone digestive stimulant la sensation de faim. L’appétit est donc diminué. L’estomac est réduit à la forme d’un tube vertical, pour permettre aux aliments de passer plus rapidement dans l’intestin. L’opération dure généralement entre 30 minutes et une heure.

La durée d’hospitalisation varie entre un et cinq jours, selon l’état de santé du patient et la présence de certaines comorbidités. La perte de poids escomptée est de l’ordre de 45 à 65 % de l’excès de poids, soit 25 à 35 kg pour une personne de taille moyenne avec un IMC égal à 40 kg/m².

Le bypass gastrique

Le bypass gastrique (avec anse en Y), va diminuer la taille de l’estomac ce qui va automatiquement limiter la quantité d’aliments ingérés et établir une liaison entre le haut de l’estomac et le tube digestif, en court-circuitant la plus grande partie de l’estomac qui ne reçoit plus d’aliments. De plus l’intervention dure une heure de temps, avec un geste plus sophistiqué qui demande une plus grande expérience. Cette technique nécessite un supplément en vitamine sur le long terme pour une compensation du phénomène de malabsorption. Les résultats escomptés sont une perte de poids de l’ordre de 70 à 75 % de l’excès de poids, soit 35 à 40 kg pour une personne de taille moyenne avec un IMC égal à 40 kg/m².

Anneau gastrique

La pose d’un anneau gastrique quant à elle est effectuée pour diminuer le volume de l’estomac à remplir avec la nourriture et ralentir le passage des aliments. Un anneau avec un diamètre modifiable est placé autour de la partie supérieure de l’estomac, destiné à délimiter ainsi une poche gastrique qui se remplira vite pour induire une sensation de satiété. L’anneau est relié à un boîtier de contrôle placé sous la peau pour ajuster la restriction alimentaire ou de restituer du confort alimentaire en serrant ou en desserrant le dispositif.

L’intervention est considérée comme étant l’une des plus sûres, mais par contre, elle nécessite un suivi radio-clinique régulier. Elle est la seule à être réversible : En effet, L’anneau peut être retiré en cas de complications, d’inefficacité ou sur demande du patient. La durée de l’hospitalisation est de 1 à 3 jours s’il n’y a pas de complications.

La perte de poids escomptée est comprise entre 40 et 60 % de l’excès de poids, soit 20 à 30 kg pour une personne de taille moyenne (1,70 m) avec un IMC égal à 40 kg/m². Elle est en général progressive.

Chirurgie bariatrique : Risques et complications

Le risque de décès lié à une intervention de chirurgie bariatrique est très faible. Il serait d’après les statistiques officielles situé entre 0,1 et 0,01 % et ce selon le type d’intervention). Dans des cas très rares, l’intervention peut entraîner des complications dites techniques comme un glissement d’un anneau, ou une fuite au niveau d’une suture pouvant être rectifiés pendant une seconde opération, ou par des gestes techniques réalisés par une endoscopie.

Sleeve gastrectomie : Les complications

L’inconvénient essentiel de la sleeve gastrectomie est qu’elle risque d’augmenter le reflux gastro-œsophagien (RGO). Dans certains cas, les patients sont réopérés pour un traitement de ce reflux modifiant le montage. Certaines équipes médicales mettent aussi en place une technique pour une sleeve gastrectomie associée à la pose d’une valve anti-reflux empêchant la remontée des aliments et de l’acide de l’estomac vers l’œsophage.

D’autres types de complications peuvent survenir sur le court, moyen ou long terme après une chirurgie bariatrique :

  • Une fuite de la suture est redoutée ;
  • Des hémorragies postopératoires précoces ;
  • Un rétrécissement de la partie sollicitée de l’estomac ;
  • Des carences nutritionnelles et vitaminiques ;
  • Une dilatation de l’estomac

Contrairement au bypass et à l’anneau gastrique, la sleeve gastrectomie est une opération irréversible car on enlève définitivement une partie importante de l’estomac.

Bypass : Les complications

  • Des complications au niveau chirurgical risquent de survenir comme : un ulcère, des fuites ou un rétrécissement au niveau de la jonction entre l’estomac et l’intestin, une hémorragie, ou une occlusion de l’intestin.
  • Des complications fonctionnelles : hypoglycémie après le repas, intolérance à certains aliments, diarrhée, constipation, etc.

Il convient aussi de surveiller les risques de carences nutritionnelles généralement majoré pour les interventions malabsorptives.

Pose d’un anneau gastrique : Les complications

Plusieurs types de complications peuvent survenir après la pose d’un anneau gastrique sur le moyen et long terme comme :

  • Des complications liées au boîtier : A savoir un déplacement du boîtier sous la peau, des douleurs au niveau de l’emplacement du boîtier, une rupture du tube qui relie le boîtier et l’anneau, des infections ;
  • Un glissement de l’anneau et dilatation de la poche au-dessus de l’anneau pouvant entraîner des vomissements importants voire l’impossibilité de s’alimenter ;
  • Des troubles de l’œsophage ;
  • Des lésions de l’estomac provoquées par l’anneau

Une nouvelle intervention peut être nécessaire pour le retrait de l’anneau ou réaliser une autre technique de chirurgie de l’obésité.

Chirurgie bariatrique : Combien de temps pour se remettre de l’intervention ?

Chirurgie bariatrique avant apres

Chirurgie bariatrique avant après

Reprise du travail après la chirurgie bariatrique

Un arrêt de travail est prescrit automatiquement après l’intervention. Sa durée va dépendre des facteurs suivants :

  • L’âge du patient et son degré d’obésité avant l’intervention ;
  • Les comorbidités associées à l’obésité ou les complications engendrées ;
  • L’intervention réalisée ;
  • La nature du travail ;
  • Les complications liées à la reprise d’une alimentation normale ;
  • La fatigue liée à la perte de poids rapide

De ce fait, un arrêt de 2 semaines est suffisant en cas de pose d’un anneau gastrique sous cœlioscopie chez un patient ayant un travail sédentaire. En cas de sleeve gastrectomie ou de bypass, l’arrêt de travail serait de 3 ou 4 semaines selon l’activité professionnelle.

Chirurgie bariatrique : Quand reprendre une activité physique ?

La cicatrisation du tube digestif a une durée de 4 à 7 jours, alors que la cicatrisation de la paroi abdominale dure de 4 à 6 semaines. Si l’intervention est réalisée par cœlioscopie, le patient peut reprendre la totalité de ses activités après six semaines.”

Quand reprendre une alimentation classique ?

La reprise d’une alimentation “classique” se fait progressivement. Elle va donc dépendre de la capacité du patient à suivre de nouvelles contraintes alimentaires. Il faudrait parfois jusqu’à trois mois pour pouvoir manger de tout, mais ceci ne signifie pas qu’il faut manger comme avant l’opération.

Pendant 1 mois à 6 semaines postopératoires, la consistance des aliments est modifiée : Il faudrait donc manger en texture modifiée, à savoir liquides, mixées, ou hachées, et en petites quantités. Il y a lieu de manger aussi plus régulièrement pour un apport nutritionnel satisfaisant. Petit à petit, les quantités de textures modifiées sont réduites ainsi que le nombre de prises alimentaires.

Généralement, le nutritionniste-diététicien va prescrire aussi une supplémentation quotidienne en vitamines, en minéraux et en oligo-éléments par voie orale pour éviter toute carence.

Envisager une grossesse après une chirurgie bariatrique : Est-ce possible ?

Un projet de maternité est tout à fait possible après une opération de chirurgie bariatrique. Il est toutefois recommandé d’attendre une stabilité du poids qui survient entre 12 à 18 mois après l’intervention de chirurgie bariatrique. Un suivi nutritionnel et diététique régulier est nécessaire. Un bilan biologique complet et un avis médical sont conseillés avant de penser à une grossesse.

Il faut savoir aussi que les médicaments toxiques pour l’estomac comme l’aspirine, anti-inflammatoires, et corticoïdes sont à éviter. Il vaut mieux donc consulter un médecin avant toute prise de médicament, en lui rappelant que vous avez subi une chirurgie de l’obésité.

Chirurgie de l’obésité doit-elle être suivie d’une chirurgie réparatrice

Quand la perte de poids est rapide, la peau n’a toujours pas le temps de s’adapter. La chirurgie réparatrice et fonctionnelle sera donc utilisée pour un but esthétique, afin d’harmoniser la silhouette, ou pour faciliter les mouvements et les déplacements des patients. Elle consiste tout simplement à supprimer l’excédent de peau du ventre, des bras, des cuisses, des seins, ou parfois du visage et à tirer sur les tissus pour en retrancher le maximum.

Plusieurs opérations vont donc être proposées :

  • Une abdominoplastie, pour un aspect “plat” du ventre ;
  • Une réduction mammaire, accompagnée ou non d’un lifting des seins ;
  • Une brachioplastie pour éliminer la peau qui pend sous les bras ;
  • Une cruroplastie (ou lifting des cuisses) qui consiste à retirer l’excès de peau à l’intérieur des cuisses.

Pour plus d’efficacité, ces interventions ne peuvent être envisagées qu’après l’arrêt de l’amaigrissement et la stabilisation du poids. Elles sont généralement réalisées sous anesthésie générale et ne peuvent pas être effectuées toutes en même temps. À terme, elles laissent des cicatrices fines que le chirurgien va pouvoir dissimuler au niveau des plis naturels de la peau.